• Bloc 11 d'Antoni Piero DEGLI

    Edition: Archipoche

    Nombre de pages: 269 pages

    Résumé: 1944, Auschwitz : le commandant du camp organise un jeu sadique et démoniaque avec dix déportés : il leur donne une nuit pour désigner lequel d’entre eux devra mourir le lendemain. Pourquoi ? Trois prisonniers se sont évadés, et ceux qui restent doivent payer. Quelle sera leur réponse face à cette cruauté poussée à l’extrême ?

    Bloc 11 d'Antoni Piero DEGLI

    Mon avis: En 1944, à Auschwitz, deux prisonniers se sont évadés. En représailles, le dirigeant du camp décide d'un drôle de jeu: Enfermer 10 prisonniers ensemble, et les sommer de nommer l'un d'entre eux avant le matin pour être fusillé.

    Mais ces prisonniers sont particuliers, chacun à leur façon. Et dans la situation désespérée dans laquelle ils se trouvent, commence une nuit qui va leur sembler bien longue. Car chacun a de bonnes raisons de désigner un autre co-prisonnier.

    Un huis clos haletant, et bouleversant commence dès que les portes du local se referment sur eux..

    Je n'aurais qu'un mot: WHAOU!!!

    J'ai rarement lu un roman de ce type qui me plaise autant! La dernière fois, il s'agissait d'un roman de Laura Kasischke (et cela date de deux ans tout de même). J'ai littéralement dévoré les pages, quittant le livre difficilement (mais pourquoi faut-il donc dormir, je vous le demande!).

    Je m'emporte, mais il y a de quoi. Les personnages, autant du côté prisonnier, que du côté du dirigeant du camp sont vraiment complexes, plein de mystères, qu'ils distillent un peu à la fois. Jamais trop de détails du premier coup. Cela laisse le temps au lecteur de réfléchir, de se poser des questions. De vouloir en savoir plus, finalement.

    La mayonnaise prend dès le départ, dès le premier chapitre. Aucun nom donné, un couple de personnes âgées aux traditions plus qu'étonnantes. Et puis un retour dans le passé.. Rien que ça déjà, on est hameçonnés, et on a oublié qu'on avait un repas qui nous attendait, je vous le garantis.

    Je pense qu'il s'agit du premier roman de cet auteur, mais je lui souhaite une longue, longue, longue carrière, dans ce style. Je serais curieuse de pouvoir lire autre chose de sa plume.

    Je ne veux pas en dire trop sur l'intrigue. Ca ne vous laisserait pas la surprise complète, si vous décidez de le lire. Du coup, pour les curieux, foncez l'ouvrir, vous ne serez pas déçus.

    Points attribués: 10/10

    Je remercie l'édition Archipoche pour ce roman magnifique.

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  • Un sou de bonheur de Michel GIARD

    Edition: De Borée

    Nombre de pages: 419 pages

    Résumé: Fille d'un père alcoolique, violent et irresponsable, chargée de famille après la mort de sa mère maltraitée, Joséphine se révolte contre son géniteur et part « se placer » à la foire de Saint-Clair, en Normandie. Ses patrons lui apportent l'affection et la considération qui lui manquaient sous son propre toit. Ses frères et soeurs prendront eux-mêmes leur destin en main après que leur père eut définitivement déserté le foyer. Joséphine, jeune femme de bon sens et de coeur, épouse par amour un brave paysan, Gustave, et réalise son ambition de devenir commerçante lorsque le couple aura racheté la boucherie du village. Mais la guerre survient qui va briser en partie le rêve de Joséphine...

    Un sou de bonheur de Michel GIARD

    Mon avis: Joséphine, à l'âge d'être grand-mère, se souvient de son passé et de sa vie à travers les épreuves...

    Née dans la misère, de parents qui ne s'aiment pas, et l'aînée d'une nombreuse fratrie, Joséphine doit très vite retrousser ses manches. Placée d'abord comme triolette, jeune fille qui trait les vaches, elle trouve finalement son bonheur avec un jeune homme de son entourage.

    Mais rien n'est simple en ce début de siècle. Il faut sans cesse se battre pour atteindre ses objectifs, surtout quand on est orphelins. Mais Joséphine a du courage à revendre, et l'ambition de se hisser plus haut dans la société.

    Joséphine a une personnalité détonnante, pleine d'énergie, de volonté de vivre. Elle est l'image même de la volonté faite femme. Voilà un personnage féminin comme je les aime. Son début dans la vie ressemble un peu à celui de Cosette: livrée à elle-même, mal nourrie, mal aimée, elle n'a rien pour elle. Mais la petite fille sait ce qu'elle a à faire, et dès son jeune âge, on décèle chez elle un courage peu commun.

    De loin en loin, l'auteur nous parle de l'un ou l'autre de ses frères et soeurs, de leurs façons de grandir et de s'accomplir. Pour une histoire qui débute mal, cette famille s'en sort avec les honneurs, je trouve.

    Ce roman coule tout seul, et on se trouve très rapidement emporté par le fil de l'histoire. J'ai regardé Joséphine grandir, mûrir, se marier, connaître les affres de l'inquiétude lors de la guerre, la voir devenir mère. J'ai vu l'époque et les moeurs changer. J'ai vu la guerre tout dévaster, et les tribulations qui en ont découlé. 

    C'est un livre qui se lit en un rien de temps. Il n'y a pas de temps morts, pas de lenteur. Régulièrement, l'auteur nous rappelle que nous nous promenons dans les souvenirs de quelqu'un, grâce à quelques flashbacks. Et c'est très agréable.

    S'il y a bien un roman de terroir que je peux conseiller, c'est celui-ci.

    Points attribués: 9/10

    Je remercie l'édition De Borée pour cette lecture superbe.

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  • Pour faire l'amour de Howard JACOBSON

    Edition: Calmann-Levy

    Nombre de pages: 400 pages

    Résumé: Et si choisir un amant à sa femme était le meilleur moyen de ne pas la perdre ?

    De son propre aveu, Felix Quinn est un homme parfaitement heureux. Il détient l’une des plus anciennes boutiques de livres rares de Londres et prend un plaisir infini à se plonger dans des textes oubliés. Marié à la divine Marisa, il en est éperdument amoureux, mais une crainte grandit en lui : la perdre. L’enfance de Felix lui a appris que l’amour ne va pas sans la perte, il choisit donc de la devancer en orchestrant la propre trahison de son épouse. Ainsi Marius, minutieusement choisi par Felix, entre-t-il dans la vie intime de Marisa. Felix pense alors embrasser une nouvelle forme de sérénité, or il se trouve aussitôt en prise avec un autre démon : la jalousie.

    Pour faire l’amour est un roman corrosif sur le sentiment d’amour et son contraire, la masculinité de l’émoi, l’obsession charnelle et la nature polymorphe de la jalousie. L’écriture ciselée de Howard Jacobson, à l’humour piquant impérieux, n’aura jamais été aussi animée. Elle nous sert de guide malicieux pour explorer ici la topologie du mariage, entre honnêteté et provocation pure.

    Pour faire l'amour de Howard JACOBSON

    Mon avis: Felix Quinn, libraire de livres rares, est heureux. Il a un commerce qui fonctionne bien, une vie agréable, et surtout une femme qu'il aime plus que tout.

    Mais le souci, c'est qu'il ne peut l'aimer que d'une seule manière: il faut qu'elle soit aimée d'un autre... Commence pour lui la recherche de l'homme qui pourrait lui plaire, et avec lequel elle pourrait le "tromper", pour qu'il puisse enfin entièrement son amour particulier.

    Comment dire? Felix Quinn est vraiment, vraiment, vraiment, un drôle de personnage. Discret et pourtant décidé, jaloux de son bonheur et pourtant malheureux. On s'aperçoit rapidement de son principal problème: il ne peut aimer comme tout le monde, simplement, naïvement.

    L'auteur place le lecteur dans une atmosphère de voyeurisme, lui donne l'impression de regarder par le trou de la serrure quelque chose qu'on lui décrit petit à petit. Un peu à la fois, l'auteur donne l'ampleur de la démarche de Félix, et toutes les réflexions de l'homme nous mènent sur des sentiers périlleux.

    Les termes employés sont poétiques, les descriptions magnifiques. De ce point de vue, ce livre est un chef d'oeuvre de belles tournures de phrases, de jeux de mots. Pour cela, je l'ai apprécié. Mais malheureusement, en dehors des réflexions de Félix, il ne se passe pas grand chose. Quelques dialogues décalés, quelques situations surprenantes, mais peut-on vraiment parler de trame, si l'on doit sans cesse raccrocher les wagons d'un train qui n'a pas été assemblé? 

    Pour moi, les circonvolutions des pensées du librairie prennent trop de place. Trop de détails, trop de retour en arrière, trop d'extrapolations. Le style est finalement trop lourd, et parfois un peu confus, quoique cela représente tout à fait le personnage principal.

    J'ai fini par m'ennuyer, en me demandant si je voulais en voir plus, ou au contraire en savoir moins. La sauce n'a pas pris, je suis restée sur le quai. Dommage.

    Points attribués: 5/10

    Je remercie l'édition Calmann-Levy pour cette lecture tout à fait particulière.

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  • La conjuration de Gottingen de Jérôme LEGRAS

    Edition : Archipel

    Nombre de pages : 450 pages

    Résumé : Juin 1954. On retrouve le corps sans vie du bibliothécaire adjoint de l'université Princeton, William Wein. Avant de mourir, avec son sang, il a réussi à tracer sur une stèle la lettre epsilon. Le chef adjoint de la police locale, Michael Rumford, est chargé de l'enquête. Mais celui-ci, épaulé par l'inspecteur Bill Barlowe, va découvrir peu à peu que ce meurtre n'a rien d'un crime de routine... En se rapprochant de physiciens allemands ayant fui le nazisme, les deux enquêteurs se trouvent mêlés à d'anciens complices de la Wehrmacht comme à de fervents tenants du maccarthysme. Albert Einstein a-t-il plagié un article d'Henri Poincaré sur la découverte de la relativité ? Edgar Hoover, le patron du F.B.I., cherche à faire chanter le physicien pour s'assurer qu'il cessera de s'opposer publiquement à la bombe H. Espionnage industriel, soupçons d'amitiés communistes, guerres entre scientifiques sur fond de rideau de fer, Michael Rumford n'est pas au bout de ses peines...

    La conjuration de Gottingen de Jérôme LEGRAS

    Mon avis : Un bibliothécaire d’une université réputée est retrouvé assassiné dans un cimetière. Avant de mourir, il a tracé un signe avec son propre sang sur la tombe la plus proche.

    Le policier Michaël Rumford doit s’occuper de cette affaire et retrouver le meurtrier. Mais en cherchant, il va tomber sur des secrets bien lourds, et bien compliqués, mêlant politique, science, nazisme, légende et complots. Il va très vite se retrouver devant un problème que l’on pourrait presque qualifier d’insurmontable…

    J’ai dévoré ce roman. Il est conséquent, bien sûr, mais cela ne m’a pas empêché de vouloir chaque fois lire un chapitre de plus.

    L'intrigue est complète, bien établie, sans faille. Elle s'appuie sur des faits historiques réels, agrémentés de détails créés de toutes pièces, mais qui rendent à l'ensemble un aspect plus impressionnant. Une véritable course contre la montre s'enclenche, et les enquêteurs se retrouvent embarqués dans une énigme de plus en plus grande.

    Le lecteur se trouve emporté à la suite des personnages, et je dois avouer qu'on n'a pas le temps de souffler. Mais c'est ce qu'on aime dans les thrillers, pas vrai?

    Le personnage du policier, Michaël Rumfort est particulier. Empathique, attentif, sensible, et méthodique, c'est un homme comme on aimerait en rencontrer tous les jours. Par contre, la petite idylle qu'on lui donne n'avait pas, de mon point de vue, lieu d'être. Je la trouve même plutôt déplacée. Mais ce n'est que mon avis.

    Au fil des pages, on rencontre pas mal de personnages célèbre, comme Einstein ou encore le président Hoover. Leurs actions sont extrapolées, bien entendu, mais j'ai aimé leur apparition.

    En somme, il s'agit là d'un thriller bien ficelé, intéressant, et qui ne s'essouffle pas. J'ai passé un bon moment de lecture.

    Points attribués: 7/10

    Je remercie l'édition Archipel pour cette lecture scientifique.

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    Edition: Calmann-levy
     
    Nombre de pages: 413 pages
     
    Résumé: Au début des années 80, le downtown de New York est le centre de l’univers, un terrain de jeu revêche, encore hermétique à la menace de l’embourgeoisement. Artistes et écrivains s’y mêlent dans des squats insalubres où leurs rêves de reconnaissance prennent des formes multiples. Parmi eux, Raul Engales, un peintre argentin en exil, fuyant son passé et la « guerre sale » qui a enflammé son pays. S’affamant pour payer son matériel, il peint le jour d’immenses toiles mettant en scène les spectres qu’il croise la nuit. Un soir, il attire l’attention de James Bennett, critique d’art en vogue du New York Times, proche de Basquiat, Warhol et Keith Haring. Tandis que l’ascension fulgurante de l’un entraîne l’autre sous les projecteurs, une double tragédie les frappe. Dans ce chaos, Lucy, l’amante enjouée de Raul, échappée d’une obscure banlieue de l’Idaho, tente de les extraire de leur détresse. Entre peintre, critique et muse se dessine alors un triptyque amoureux étourdissant.
     
    Mon avis: New York est une ville cosmopolite, peuplée de personnes en tout genre. Dans ces années 80 où le grand essor artistique se fait sentir, il existe des ateliers, des galeries, des critiques d'art, et parmi ce panel de métier, des personnalités se croisent.
     
    Un véritable chassé-croisé de vies apparaît sous nos yeux: une jeune fille arrivée d'une petite ville et qui espère réussir à New York, un artiste torturé, un critique d'art voyant les couleurs accompagné d'odeurs, et bien d'autres encore...
     
    A travers leurs regards et leurs pensées, un véritable panorama de ce qu'était le downtown de la grande Pomme à cette époque se dessine.
     
    Je suis... indécise quant à l'impression que m'a laissé ce livre. Il m'est difficile si je l'ai aimé ou s'il m'a ennuyé. 
     
    Le style d'écriture est poétique, les descriptions sont belles. Les personnages sont complexes, les aspirations diverses.
     
    Mais il y a un fond glauque, noir, qui m'a déplu. Bon, bien sûr, tout ne peut pas être rose dans le meilleur des mondes. Mais là, j'ai trouvé que ce fond trouvait trop de place dans l'histoire.
    C'était peut-être le but recherché par l'auteur, et si c'est le cas, c'est réussi.
     
    Il me semble aussi que cette époque était l'heure de toutes les extravagances, de toutes les innovations, de tous les essais. Et pour ce qui est de la peinture, on le ressent très bien. Les nouveaux peintres, les galeries qui ouvrent, les fortunes qui se créent, et les déchéances de certains artistes.
     
    Malgré tout cela, je ne peux pas dire que j'ai totalement aimé ce livre. Je reste donc mitigée. Dommage.
     
    Points attribués: 6/10
    Je remercie l'édition Calmann-Levy pour cette lecture artistique.
     
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